Donc attendre Jérémie et me reposer. J'ai essayé, en vain. Bon, en même temps, Bangkok n'est pas vraiment le lieu de villégiature idéal. Une agglomération de quinze millions d'habitants, un peu moins de deux fois la petite Suisse. Une multitude de lieux à visiter, des rues dans lesquelles il fait bon se perdre et surtout des petits stands de nourriture éparpillés partout en ville où l'on se doit de s'arrêter pour goûter aux saveurs locales.
Je pensais passer la soirée du 24 décembre seul. Je ne ressentais de toute façon pas trop « l’esprit de Noël » et puis connaissais une bonne adresse pour un pad thaï. J’ouvre ma page Facebook et vois qu’un couple de voyageurs jurassiens se trouve à Bangkok. On échange quelques mots. Un tuk-tuk et une dizaine de stations de métro plus tard, je me retrouve en compagnie de Julie, Julien (décidément!) et Paul en train de tourner une fondue de Bourrignon à Bangkok la veille de Noël! Magique est un doux euphémisme. Encore merci les amis!
Le lendemain, j’entre dans le Wat Sanghatan. Ici plus question de fromage, vin rouge ou de récits enflammés à voix haute. Sur les personnes présentes, il y a trois étrangers et tout se passe en thaïlandais. On enfile un habit de couleur clair comme le veut le règlement à l'intérieur du temple, on accepte oralement le code de conduite. Ensuite, le programme se résume à méditer (assis, debout ou en marchant), prier beaucoup, dormir peu, manger peu et aussi contribuer à l'entretien du temple. J’ai tenu vingt-quatre heures. Une expérience forte, trop courte certes mais qui a eu le don de susciter ma curiosité et devrait m'amener à répéter l'expérience. Car, il faut bien avouer que je n'ai pas vraiment réussi à atteindre cet état méditatif où l'on se concentre uniquement sur le moment présent. Je quitte néanmoins le temple dans un état d'esprit calme et serein.
Retour dans Big Mango, une ou deux parties de takraw, mélange de volley-ball et football que l’on joue avec une balle en osier, avec des joueurs rencontrés au pied de la Ghost Tower et voilà déjà Jérémie qui arrive avec son équipe de potes qu'il a connus aux Philippines: Indiens, Vietnamienne, Canado-americano-philippine (oui, oui c'est possible!) et un Espagnol. On passe trois journées et soirées mémorables à Bangkok puis mettons le cap au Nord, direction Chiang Mai. Là aussi, le séjour fut agréable: virée en scooter dans les montagnes alentour, cours de cuisine thaïlandaise, massage encore et toujours. Néanmoins, je dois avouer que j'éprouve un sentiment quelque peu mitigé quant à la faune touristique du lieu. Certes ce n'est pas la frénésie de Bangkok, ni la débauche de Pataya mais il y a quelque chose qui gêne lorsque l'on voit des groupes entiers se promenant dans un temple bouddhiste avec l'œil collé au smartphone ou encore lorsque qu'une touriste chinoise vous pousse en disant "You, photo!" Bref, ce constat peut-être parce que l'on se trouve en haute saison ou alors simplement parce que la Thaïlande est le pays d'Asie du Sud-Est le plus touristique. Tellement touristique, que le contact avec les gens du lieu est bien plus difficile qu'en Iran et quelque part me fait pour l'instant défaut.
Je quitte Chiang Mai dans un état d'esprit de Saudade que Jérôme évoque à juste titre dans un mot qu'il m'a laissé. Saudade, des six magnifiques mois écoulés depuis le début du voyage, Saudade des miens aussi. Ces six mois, peut-être le temps qu'il faut pour se rendre compte que ceux qui comptent nous manquent vraiment. Six mois aussi pour faire un mini bilan et de constater que les questions existentielles ne sauraient être si vite mises de côté. Aussi le moment de se donner quelques pistes pour la suite, si l'on ne veut pas être happé par le vide intérieur que chaque être humain cherche tant bien que mal à combler. Bref, le temps de quitter la Thaïlande et ses hordes de touristes armés de selfie-stick et faisant la queue pour prendre une photo seul devant un temple ou une statue de Bouddha.
Avant cela arrêt récupération à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar. Le corps ayant remarqué que l’esprit avait besoin de repos, rien de tel qu’un ventre barbouillé pour vous obligez à ne pas trop bouger.
Bonne année 2016 (on ose encore pendant tout le mois de janvier, il paraît) Merci pour ces images, ces ambiances, parfums et odeurs. Bonne suite et à bientôt.
RépondreSupprimerMerci Florian!
RépondreSupprimerVu que c'est toujours janvier, bonne année à toi aussi!
Content que ces impressions te plaisent!
A plus ;-)