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vendredi 12 février 2016

Pagodes, pagodes, pagodes...


Mandalay, dernière capitale royale. On y visite son Palais…Royal, pardi! Une enceinte fortifiée entourée d'eau et véritable ville dans la ville. La majeure partie étant interdite au public, zone militaire oblige. Passé deux fins de journée près du pont U Bein, on laisse le regard porté au loin et ce besoin d’admirer un paysage « découvert » après un bon mois en Asie du Sud-Est d'être enfin comblé. Certes, il y a bien eu la perspective du fleuve à Bangkok, or ici, on passe dans une autre catégorie. Admirer en arrière plan de ce mastodonte de teck, le soleil rougir à mesure qu'il vient tutoyer la cîme des arbres à l’horizon est ressourçant. Bref passage dans la pagode Mahamuni, remplie de pèlerins et touristes. On doit faire la queue pour aller déposer des feuilles d’or sur Bouddha et puis aussi payer une taxe si l’on veut faire des photos ou des vidéos. Apparemment, toutes croyances confondues, il est toujours bienvenu de sortir son portefeuille.












L’Irradawwy reliant Mandalay à Bagan, l’occasion est trop belle pour ne pas y aller en bateau. Le voyage devait durer une petite dizaine d’heures. La faute à une eau trop peu profonde, il en a fallu vingt-huit pour se rendre jusqu’au haut lieu touristique birman. Le temps ne manque donc pas pour admirer le paysage, voir les familles birmanes vivant le long du fleuve faire leur lessive, les pêcheurs lançant leur filet depuis leur barque. Prendre aussi le temps de palabrer avec un couple de Marseillais fort sympathiques et un digne représentant du Vieux Pays. Il manquait juste le Pastis ou le Fendant pour que le tableau soit complet.

Bagan, la tête tourne à la vue d’une infime partie des presque trois mille pagodes qu’offre le lieu. Si l'on en transposait une ailleurs sur cette Terre, elle serait à elle seule «  l'attraction touristique »  du coin. Le site est très fréquenté mais vu la taille de ce dernier, on ne sent pas trop la masse. La possibilité de s’y déplacer à vélo ou en scooter électrique, donne un plus grand sentiment de liberté au touriste et puis il y a les couchers et les levers de soleil. Regarder les montgolfières aller frôler le sommet des temples pendant que le soleil apparaît ou s’efface dans le ciel est un pur délice pour les yeux et il est presque agréable de se lever à cinq heures du matin pour aller en reprendre une dose.







Après cinq jours paisibles, retour vers Yangon. Déambuler à nouveau dans son downtown frénétique. Y voir des sacs qui pendent depuis les fenêtres jusqu'au niveau de la rue et font office de livreur privé. Faire recoudre son short à même la rue, voir le couturier choisir minutieusement la bonne couleur de fil, répéter l'opération le lendemain avec son sac à dos. Réparer, voilà une chose que l’on a oublié un peu en Occident, où lorsque l’on entreprend une telle démarche, la réponse la plus fréquente sera une bonne tape dans le dos et un « Cela vous coûtera moins cher d’un acheter un nouveau ». Continuer à arpenter cette fourmilière géante et tomber sur des fabricants de lunettes qui découpent grossièrement les verres à la pince, font les finitions  à la meule manuelle le tout sur le trottoir et avec une dextérité exceptionnelle. Ici, chaque rue est un marché à ciel ouvert avec ses propres spécialistes: réparateurs de machines à coudre, de perceuses, vendeurs de téléphones portables, de bijoux, de montres, d'estampes, de calendriers, de cadres, de livres, sans oublier la nourriture omniprésente. Le tout est parsemé de mosquées sunnites ou chiites, temples hindous, bouddhistes ou chinois, églises ou encore synagogues. Un gros cheni à première vue, mais plus on déambule dans ces rues colorées plus le charme agit et l'on se laisse doucement emporter par ce dernier.  
 




 
 

 

Au fil du séjour birman, il est curieux de constater l’engouement des touristes pour ce qui a trait au bouddhisme, que cela soit dans la visite des lieux de cultes ou même dans la pratique de cette philosophie-religion. Monter au sommet d’une pagode, faire le tour en cinq minutes montre en main et bien sûr faire un maximum de selfie, faute de quoi cela ne compte pas. Cela devient même plus choquant que curieux lorsque débarquent dans des monastères des cars remplis de vacanciers dont la mission est de prendre en photo moines et nonnes avalant leur repas.

N’échappant pas à la règle, j’ai aussi pris quelques clichés et ai même poussé le paradoxe un peu plus loin en allant m’essayer à une retraite méditative dans un temple proche de Mawlamyine. L’expérience fut intéressante, forte, riche. Quelques questions sur la vie de monastère ont aussi surgi. Les moines bouddhistes viennent-ils vraiment tous pour méditer et atteindre le Nirvana ou le prestige social qui accompagne la fonction et la nourriture gratuite faussent-ils la donne? Une certitude, le peuple birman y croit et il faut le voir s’incliner au passage de chaque moine et passer une bonne partie de la journée à cuisiner, livrer la nourriture et laver les casseroles pour les bonzes.

Pour se rendre à Mawlamyine, le train. Départ avec cinquante minutes de retard, ensuite onze heures pendant lesquelles les wagons oscillent de gauche à droite ou alors sont secoués de haut en bas. Ça tangue, ça saute mais cela ne dérangent pas les vendeurs passant dans l'allée tels des équilibristes de haut vol avec leur denrées sur la tête. Vu la vétusté du convoi, on ne regrette pas que le chauffeur de locomotive ne dépasse pas les quarante kilomètres heure. En plus du luxe de la lenteur, le train offre des perspectives inédites: passage au milieu des rizières avec ci et là quelques buffles de rivière.







Arrêt à Hpa Han pour aller voir ses fameux reliefs karstiques avant de quitter le pays des Birmans, Chans, Karens, Tchins, Lichais et Palaungs et de continuer la route en Extrême Orient.










Myanmar, Terre d’Or: gentillesse et politesse de gens, moines vêtus d'ocre, d'orange ou de safran, nonnes en rose pastel, les volants à droite et la circulation à droite aussi (essayer d’entrer sur une route principale ou de dépasser un camion), des klaxons, des klaxons et des klaxons, odeur de poissons ou crevettes séchés. 

Pagodes, pagodes, pagodes... 
 
 
 
 

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