Après Belgrade, je suis allé à Čačak, petite bourgade de province très calme, à plus forte raison que le jour de mon arrivée était férié. J'ai trouvé un hôtel, suis ensuite allé me balader le long de la rivière et ai pris un bon café serbe (ou bosniaque ou turc c'est de toute façon la même manière de le préparer). Le soir en allant courir, j'ai vu un terrain de basket et ai pu jouer pendant deux heures de temps avec deux jeunes de 15-16 ans et un grand-père de 59 ans! Je ne sais pas ce qu'ils mangent en Serbie mais le papy avait la grande forme!!!
Le lendemain, je suis allé à Guča pour le concours nationale des fanfares. À peine le temps de traverser les monts séparant Čačak de Guča et de sortir du bus que l'on est déjà plongé dans l'ambiance. Et quelle ambiance, de la grosse folie même! Un village de 2000 habitants est assailli par un demi-million de festivaliers. Pendant une semaine durant, les trompettes sonnent jusqu'au petit matin (elles sonnent tellement fort que les tympans sont à deux doigts d'exploser), bière et la rakije coulent à flot, touristes et locaux dansent et rient ensemble dans un doux mélange de braderie carnavalesque. Point d'orgue de la soirée le concert de Goran Bregovič au terrain de football, un moment magique!
Je suis revenu à Čačak au petit matin, ai repris mes affaires à l'hôtel et ai suis monté dans le bus pour Pristina.
Je dis le bus mais aurais dû dire les bus. Un pour Kraljevo, puis un autre pour Mitrovicë et finalement un dernier pour Pristina. En plus de la fatigue, ce voyage a été étrange. On a passé la douane (j'ai dû donner mon passeport et le faire estamper) avant Mitrovicë. Or, cette dernière est toujours divisée entre un côté serbe et un autre kosovar (la Serbie n'a pas reconnu le Kosovo comme pays). Le pont d'Austerlitz reliant les deux rives de l'Ibar est gardé par des blindés de la KFOR, dont un suisse! D'un côté du pont on paie en dinars serbes, il y a des drapeaux serbes, des églises orthodoxes et l'on parle le serbo-croate. De l'autre côté, on paie en euros, les drapeaux albanais abondent dans les rues, une mosquée apparaît et la langue est l'albanais. La situation semble encore vraiment tendue et le propriétaire, un Albanais du Kosovo, de l'auberge où je me trouvais à Pristina ne se rend pas du côté serbe lorsqu'il va à Mitrovicë avec les touristes car il ne se sent pas en sécurité! Bref, si la situation ne semblait pas encore totalement réglée en Bosnie-Herzégovine, elle paraît encore plus compliquée au Kosovo.
En parcourant les quelques 30-40 kilomètres qui séparent Mitrovicë de Pristina, on constate que le pays sort d'un conflit récent et que la pauvreté est présente dans le pays. Ce ne sont pas les quelques monuments modernes de Pristina, ni les grosses cylindrées (quelques fois immatriculées en Suisse, Allemagne ou France) qui peuvent occultés les écarts entre les très riches et les très pauvres.
Les rues de Pristina portent les noms de différents personnages de la jeune histoire de ce pays, dont l'avenue Bill Clinton notamment, il y a même une statue de ce dernier. Le drapeau kosovar est souvent accompagné de ceux de l'Albanie, de l'Union Européenne, des États-Unis et de l'OTAN.
À l'auberge de jeunesse, j'ai rencontré une sacré bonne équipe de voyageurs / vacanciers : deux Belges en balade dans les Balkans, un Genevois ayant étudié l'ethnographie à Neuchâtel et qui connaît super bien le Jura, un Brésilien et un Australien qui font eux aussi un voyage d'une année sans oublier les propriétaires des lieux au sens de l'accueil exceptionnel.
Dimanche matin, je me suis levé vers les six heures, ai chargé la mule et pris le train pour la Macédoine et sa capitale Skopje. Durant le trajet j'échange quelques mots avec un Macédonien qui m'apprend quelques rudiments de la langue: zdravo (bonjour), falla (merci). Quelques trois heures plus tard, je retire mes premiers denars macédoniens (les billets sont bien jolis), achète mon ticket de bus pour Ohrid et prends un petit-déjeuner en attendant le départ. Pour arriver à Ohrid, il faut prendre l'autoroute mère Teresa (native de Skopje), traverser quelques cols pour arriver à Ohrid et son fameux lac qui sépare la Macédoine de l'Albanie. C'est un des lacs les plus vieux du monde avec le lac Titikaka et le lac Baïkal. La ville est vraiment jolie et bien tranquille, l'idéal pour y rester quelques jours.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire