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mercredi 19 août 2015

Ohrid la perle

J'ai passé 4 jours à Ohrid et le séjour fut vraiment agréable, un vrai coup de cœur! Accueil chaleureux au Valentin's  Hostel avec un bon café turc (plus de doute, je suis dépendant), promenade en ville entre Saint-Jean de Kaneo, la forteresse de Samuel, les marchands de perles et les autres 360 (!) églises de la ville, bons petits-déjeuners agrémentés de strudels à la cerise (višnja), virée matinale de 60 kilomètres en vélo pour aller découvrir le monastère Saint-Neum et les sources naturelles avoisinantes qui se jettent dans le lac, repas macédonien en compagnie de deux Bretons fort sympathiques (merci Thibault et Tom!), verre de Rakije partagé avec le marchand de cycle qui m'a loué un vélo. Comme je le disais en préambule, j'ai vraiment passé du bon temps là-bas. Assurément un lieu qui vaut la peine d'être visité et dans lequel on a envie de retourner!













Après ce séjour "à la campagne" je suis allé à Skopje, capitale de la Macédoine. J'ai commencé par arpenter le nouveau centre. Je dis nouveau centre car en l'espace de 3-4 ans les monuments et autres statues ont poussé comme des champignons, ce qui donne à cette partie de la ville un caractère unique mais surtout kitsch, à la limite du ridicule. Apparement, le maire de la ville voyage beaucoup et dès qu'il voit quelque chose qui lui plait dans une autre grande ville, il décide de "copier-coller" ledit monument. À titre d'exemple Skopje possède un Arc de Triomphe, des bateaux gigantesques comme on peut en voir à Amsterdam et trois îlots avec des saules pleureurs importés de Nouvelle-Zélande "pour faire comme à Paris". Il y a aussi des bus à deux étages comme à Londres, mais cela est dû au fait que lorsque la ville a été en partie détruite par un tremblement de terre, la capitale britannique a généreusement fait don de quelques-uns de ses bus pour remplacer ceux qui avaient été mis hors d'usage. Autre anecdote concernant les statues de la ville: Prométhée et Victoria qui d'ordinaires sont nus, ont dû être vêtus et les chevaux non pas d'attributs sexuels car cela heurtait la sensibilité d'une partie de la population. Cette frénésie de constructions coûte pas mal d'argent à la ville et au pays. Du coup,  les crédits s'accumulent et je n'ai pas vraiment rencontré de Macédoniens qui approuvaient ce projet  quelque peu aberrant. Il y a aussi pas mal de discussion autour d'Alexandre le Grand qui trône au centre de la ville. Officiellement il faut l'appeler le soldat à cheval , car aussi bien la Macédoine que la Grèce se revendiquent comme étant la patrie de ce dernier. Même le nom de Macédoine est contesté par le voisin grec si bien que sur les cartes figure aussi l'acronyme FYROM (Former Yugoslav Republic Of Macedonia). Bref comme encore un peu partout dans les Balkans, la tension est toujours palpable.




Je suis allé faire un tour au marché aux puces et dire que ce que l'on y trouve est éclectique est un doux euphémisme: paquet de café M-Budget (je me demande comment il est arrivé jusqu'ici?!?), vieilles revues réservées à la gent adulte masculine , vieilles manettes de jeux vidéo, chaussures en tous genres, machines à écrire, chaîne Hi-Fi des années 90, écrans plats et j'en passe... J'ai eu l'impression d'être le jour des objets encombrants, mais avec les tenanciers ayant pris le soin d'y mettre de l'ordre. Je suis ensuite allé faire un tour au vieux bazar, je m'assieds pour prendre un thé et deux bonhommes conversant près de moi me demandent si je suis seul et m'invitent à leur table. Inutile de dire qu'ils m'ont offert le verre de thé!




Le lendemain, je me suis levé à l'aube, pris pas mal d'eau dans mon sac, ai enfilé mes chaussures de trail et ai avalé la longue montée jusqu'à la croix du Millénaire se trouvant sur le mont Vodno qui surplombe Skopje. J'ai pris le temps de contempler la ville, faire sécher mon t-shirt, boire un bon thé surtout. Le but final de l'excursion était d'aller au canyon de Matka situé à deux heures de marche environ. J'ai trouvé plus intéressant de me perdre (en guise de souvenir des courses d'automne sûrement ;-)), mais j'ai finalement retrouvé le bon chemin et suis arrivé au canyon. En me baladant le long de la rivière Makta, j'ai rencontré Marek (un auto-stoppeur polonais voyageant dans les Balkans) et Ana et Jona (un couple macédo-hollandais vivant à Skopje). On a bien discuté de voyage, de la Macédoine et ce que je disais quelques lignes plus haut, à savoir qu'il y a toujours des tensions entre mais aussi à l'intérieur des pays, a été confirmé par Ana (macédonienne).

Le soir, je suis allé manger dans un bon restaurant avec Laura (Espagnole) et Hector (Mexicain) et ai passé une très agréable soirée en leur compagnie. Je dois dire que depuis le début du voyage je parle certes beaucoup l'anglais, mais je suis agréablement surpris de pouvoir continuer à pratiquer l'espagnol avec les voyageurs et même parfois les locaux!


Dimanche, j'ai pris le bus entre Skopje et Sofia. On passe un ou deux cols, on avance sa montre d'une heure, on ne voit plus que de l'alphabet cyrillique et voilà déjà la Bulgarie. Si, aux premiers abords, la capitale bulgare n'est pas très charmante et même si j'y ai passé trop peu de temps pour avoir une idée concrète de cette ville, son centre historique m'a séduit. Je suis resté trois nuits chez Teodor (encore merci) un couchsurfeur du coin, ai mangé des banitsas (délicieux!), ai acheté une bouteille de mavrud (cépage typique de Bulgarie), ai bien sûr aussi mangé du yogourt bulgare (excellent!). Lors du tour guidé de la ville (Vicky est une excellente guide), j'ai pu apprendre deux, trois éléments historiques: Sofia est vieille de plus de 6000 ans, elle était peuplée par la tribu thrace des Serdes, d'où son nom Serdica sous l'empire romain, est aussi passée sous l'empire byzantin, ottoman,  un régime socialiste, est devenue une démocratie suite à la chute du mur de Berlin et a intégré l'Union Européenne en 2007. Le nom de la ville de Sofia vient d'une église celle de Sainte-Sophie ou Hagia Sophia (le même nom que celle d'Istanbul). Il y a trois niveaux superposés les uns sur les autres. Plus l'on descend, plus on remonte le temps si bien que lorsque l'on sort du métro on peut apercevoir les vestiges de l'ancienne cité romaine. Proche de la rue Vitosha, on trouve la place de la tolérance. Anecdote amusante de la guide, c'est la seule place au monde d'où l'on peut voir cinq lieux de cultes différents: une mosquée, un église orthodoxe, une église catholique, une synagogue et...un Mcdonald's!




J'écris ses lignes depuis le train entre Sofia et Plovdiv (deuxième plus grande ville du pays), j'y resterai jusqu'à vendredi soir avant de dire au revoir aux Balkans, qui m'ont tant donné, pour ensuite aller saluer dignement la Turquie.

2 commentaires:

  1. Magnifique cette petite ville d'Ohrid! ça a l'air bien reposant et très charmant!
    La voiture "oh BB" n'est pas mal non plus ;-) Mais je préfère le vieux bus VW.
    Très belles images des balkans. Celles de la Turquie sont attendues avec impatience ;-)
    Bonne suite de voyage et à bientôt pour un skype
    Fred

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  2. Merci pour le commentaire Fredo. J'ai mis la photo de la voiture pour la marque plus que la plaque... Les photos de la Turquie arrivent!!!

    A pluche pour un skype!

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